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La Dépêche du Midi
mardi 15 juillet 2003
Bruniquel se souvient de Zadkine
Présentation à Bruniquel de trois oeuvres
originales de Zadkine et de Valentine Prax dans le cadre fastueux d'un
Hôtel de Marchands du XIIIe siècle
Une inauguration intimiste s'est tenue récemment à
la Maison Payrol, en présence de Michel Montet, Maire de Bruniquel,
des conseillers municipaux et des membres du Syndicat d'Initiative. La
Maison Payrol qui se consacre depuis plus de 10 ans à la conservation
et à l'enrichissement du patrimoine local, se devait d'attribuer
une place de choix à ces deux personnages attachants, presque indispensables
à notre quotidien ; simples et discrets Bruniquelais, dont la valeur
artistique ne fut mondialement reconnue que bien des années plus
tard.
Nous relations déjà dans la Dépêche du
27 août 2000 les circonstances dans lesquelles le sculpteur Ossip
Zadkine avait découvert Bruniquel grâce à son ami le
peintre Henri Ramey, figure ô combien représentative du village.
Nous découvrons aujourd’hui l’histoire du fabuleux mariage d’Ossip
Zadkine avec Valentine Prax, le 14 août 1920, grâce au livre
de Gaston-Louis Marchal, Zadkine, Homme du Quercy.
Trois oeuvres d'un intérêt particulièrement sentimental
pour Bruniquel sont exposées en juillet et août, accompagnées
d’interprétations originales, résultats de patientes investigations
menées par André Dupré à la lueur de témoignages
trouvés dans les carnets intimes, correspondances et notes diverses.
Rappelons qu’André Dupré s’est vu décerner la médaille
d'argent 2001 du Ministère du Tourisme, en remerciement de son rôle
joué à la maison Payrol dans la mise en valeur du partimoine.
De V. Prax, L’accident. Le tableau nous émeut ; la cavalière
vole au secours de son cavalier.
Puis, un dessin du village de Bruniquel qui reflète la poésie
nostalgique du temps où les amoureux, discrets comme tout, étaient
logés « pour presque rien » dans la maison du Vieux
Castel, et se promenaient en jardinière. Et là, un dessin
de Zadkine La femme aux membres écartées semble danser devant
nous, toute vibrante.
Zadkine voulait « épouser la terre Quecynoise »,
se sentant « trop pauvre pour songer à se marier »...
Pour autant, il nous reste la photo du mariage (on ne peut plus modeste,
on leur prête les alliances), devant les grilles de la mairie de
Bruniquel en présence du témoin Foujita. Dès lors,
nous ne pouvons plus regarder ces grilles, forgées à Caussanus,
de la même manière. La nuit de noce se déroula dans
une masure délabrée « qui n'avait ni porte ni volets
aux fenêtres », autre propriété du Vieux Castel.
Le jour du mariage, degauche à droite : Zadkine, Valentine
Prax et ses parents, Fernande Barrey et son époux le peintre Foujita
devant les grilles de la mairie de Bruniquel, toujours visibles.
Nous apprenons que Zadkine appelait la buraliste « Madame la
tabatière » et la boulangère « Madame la panière
». Il comparait les antiques et somptueux obradors du XIIIe siècle
à « un amoncellement de vieux dentiers » ! L’ami Belaygues
lui préta une grange. On lui apporta un arbre de Grésigne.
Il y sculpta sa première Diane.
Dans le catalogue de l’exposition d’Arles Zadkine, gouaches des années
vingt, (1992), nous découvrons deux œuvres dont l’étude attentive
prouve qu’elles ont été réalisées à
Bruniquel, donnant lieu à une nouvelle interprétation : le
foirail St Roch avec boeufs et maquingnons, la terre rouge de Tortiguié,
la croix des semailles et l’estrade des musiciens. Nous savons que le couple
aimait se rendre à la foire aux mules du 11 août pour y écouter
les musiciens-villageois et voir danser les jeunes. Il y a aussi L’alambic
tiré par les bœufs ; on distillait à l’époque le vin
des coteaux du Quercy…
Ces touchantes évocations permettront sans doute de réhabiliter
la mémoire de Zadkine tombée dans l'ombre à Bruniquel
depuis plus de 80 ans ! Cette rétrospective est un hommage rendu
à celui qui aimait tant Bruniquel dans le cadre « grandiose
et sévère, sauvage et intact » du Quercy.
Il est définitivement acquis que Bruniquel est le point de
passage obligé entre les Arques et Caylus où Zadkine laissa
de nombreuses œuvres.
C.S
Du 1er juillet au 31 aôut à la MAISON PAYROL à
Bruniquel
Ouvert tous les jours de 10H à 19H. Tarifs habituel du musée
: 3 €
Musée Zadkine – Les Arques – 46250 Cazals (Lot)
Musée Zadkine, 100 bis rue d’Assas – 75006 Paris
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